Une ferme du XVIIe siècle au pied des Alpilles, ses dépendances, son jardin et ses vergers laissés à l’abandon. Vicki Archer l’achète, s’y installe avec son mari et leurs trois enfants, et le chantier commence — celui de la maison, puis celui de la terre.
Le mas n’avait pas été touché depuis longtemps. Les volumes étaient là, les murs aussi, mais le bâtiment avait été cloisonné au fil des générations et les abords rendus à la friche. La restauration a consisté d’abord à retrouver le plan d’origine : dégager les enfilades, rouvrir les percements bouchés, rendre à la pierre son appareillage. Ce qui pouvait être conservé l’a été — les sols, les ferrures, les menuiseries — et reposé une fois le gros œuvre repris.
Le jardin a été dessiné avec Michel Semini. Il tient en quelques gestes, tous anciens : des murs pour découper l’espace et porter l’ombre, de l’eau pour donner la fraîcheur, des plantations basses qui laissent la maison se voir. Un chemin d’eau traverse le terrain ; Vicki Archer en a bordé les deux rives d’iris blancs. En juin, les roses couvrent la terrasse. En juillet, la lavande prend le relais.
Les vergers ont été replantés. Et sur les terres qui entouraient la ferme, une oliveraie de plus de deux mille arbres a été mise en place — c’est la part du projet qui se voit le moins sur les photographies, et celle qui a demandé le plus de temps. Un olivier planté ne se juge pas à la livraison ; il se juge quinze ans après.
Vicki Archer vient d’Australie. Elle vit aujourd’hui entre Paris, Londres et Saint-Rémy-de-Provence, et elle a raconté cette installation dans deux livres, My French Life puis French Essence, photographiés par Carla Coulson. On y lit ce que devient un projet de maison quand il est mené depuis l’autre bout du monde : les allers-retours, les artisans, les saisons qui décident du calendrier plus sûrement que les plannings.
Depuis, le mas a changé de mains. Les nouveaux propriétaires nous ont rappelés : le travail a continué, dans le respect de ce qui avait été fait, en améliorant ce qui pouvait l’être sans que l’on soupçonne la moindre intervention récente.
Architecture : Bosc Architectes
Jardin : Michel Semini
Photographies : Carla Coulson
Lieu : Saint-Rémy-de-Provence, Alpilles










